Mes premiers pas au Parlement Européen

Meeting des Blancs-Manteaux 21 mai 2015 Crédits Photo : Mathieu Delmestre

Meeting des Blancs-Manteaux 21 mai 2015  Crédits Photo : Mathieu Delmestre

Meeting des Blancs-Manteaux 21 mai 2015
Crédits Photo : Mathieu Delmestre

Je n’ai jamais sauté sur ma chaise comme un cabri en criant l’Europe, l’Europe, l’Europe et pourtant, mon attachement à la construction européenne, aussi complexe soit-elle, est intact. L’Europe est avant tout l’échelon le plus adapté pour faire face à l’un des défis du siècle, celui de l’investissement en faveur d’une économie non productiviste tournée vers la transition écologique.

N’oublions pas les leçons que tire l’économiste britannique John Maynard Keynes à la fin de la Première guerre mondiale et qui nous interpellent encore aujourd’hui en ces temps de crises et de tensions. La première de ces leçons c’est que construire une paix durable c’est corriger les déséquilibres économiques nationaux qui minent nos sociétés et les efforts pour développer des solidarités européennes. La deuxième c’est que la puissance publique est un outil indispensable pour les corriger dans le cadre d’un système capitaliste déséquilibré et cyclique par nature.

C’est bien ce rôle de la puissance publique européenne qui est au cœur de la campagne que nous avons menée pour une réorientation de la politique économique. C’est cette bataille que je porterai tout au long de mon mandat de député européen à Strasbourg.

A ceux qui pensent que nous retrouverons seulement des marges de manœuvre dans un cadre national : je leur dis qu’ils se trompent. A mon sens, l’Union Européenne constitue le premier échelon viable d’une politique de relance, une relance keynesio-écologiste européenne quand résonnent partout la dépression, la déflation, le repli nationaliste.

A mon sens si l’on doit parler de patriotisme c’est pour réellement donner à notre pays les moyens d’agir et agir c’est se battre pour un plan de réorientation massive à l’échelle européenne. Ceux qui s’agitent en plaidant pour le retour du franc, nous condamne à l’impuissance et au déclin.

L’évidence de la relance est pourtant niée par certains gouvernements, à tel point que le Fonds Monétaire International interpelle lui-même l’Europe sur le niveau de sa demande intérieure, priorité des priorités. Renforcer l’offre sans soutenir intelligemment la demande, en plus d’être contradictoire avec les engagements de campagne, s’avère bel et bien être une aberration économique, dangereuse pour les plus fragiles.

En cela, la non-renégociation par la France du pacte budgétaire européen au printemps 2012, en dépit de l’engagement solennel du candidat, constitue un véritable rendez-vous manqué du leadership français pour non seulement fédérer la gauche européenne mais également pour s’affranchir du carcan budgétaire qui n’offre comme seul horizon que celui d’une voie austéritaire.

Depuis mon élection, je peux affirmer une chose : sur bien des sujets, sur le fonds de nos propositions et face à la doxa libérale, le groupe social-démocrate européen (S&D) fait preuve de courage politique C’est le constat politique qui m’a le plus éclairé depuis mon élection et qui me fait dire que les choses sont loin d’être perdues.

A l’échelle européenne, les prises de positions du groupe S&D vont dans le sens de plus de régulation et de relance. Trop d’exemples nous ont prouvé que les politiques austéritaires ne fonctionnent pas, et sont dangereuses dans les pays où elles s’appliquent. Et aucun pays ne semble épargné : à trop négliger le soutien de la demande européenne, la production industrielle allemande ne semble désormais plus à l’abri d’une récession…

Angela Merkel aime à répéter que la compétitivité et la concurrence sont les mantras du modèle européen. Elle semble regretter que « l’Europe qui regroupe 7 % de la population mondiale, 25 % du PIB mondial, pèse 50 % des dépenses sociales ». Or c’est précisément ce modèle social prescripteur que nous revendiquons. Car si l’Europe sociale n’est pas défendue dans une économie ayant une croissance structurellement faible, c’est à coup sur le grand nivellement par le bas qui se profile, celui de l’opposition de chacun contre tous. En tant que Député Européen, l’approfondissement de ce modèle social basé sur la solidarité est mon objectif. Il est le seul garant qui permettra aux citoyens européens de dépasser leur rejet d’une Europe au fonctionnement institutionnel insondable et inachevé. Je m’engage à en rendre compte de la manière la plus fréquente possible. On sait que les promesses trahies, les mots vidées de leur sens, fondent la réussite des démagogues. Et c’est bien cela que j’ai à l’esprit en ce début de mandat au Parlement Européen.

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