La lutte contre le chômage des jeunes passe par un renforcement rapide de la « garantie jeunesse »

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Depuis le déclenchement de la crise financière, le chômage des jeunes a explosé en Europe : ce sont ainsi près de 5 millions de jeunes (hors étudiants) qui sont aujourd’hui à la recherche d’un emploi dans l’Union. Près de 23% des jeunes de l’UE sont au chômage, mais avec de fortes disparités : si le chômage des jeunes est d’environ 8% en Allemagne il avoisine ou dépasse les 50% en Espagne, Grèce, Croatie, les 40% en Italie ou les 30% en Slovaquie. La France reste elle-même dans cette triste moyenne de 23%. Mais derrière ces fortes disparités il y a un point commun, comme je le soulignais dans mon intervention du mois dernier (lien), celui des difficultés de tous les jeunes Européens à entrer sur le marché du travail, y compris dans les pays d’Europe du Nord.

Se battre pour l’emploi des jeunes c’est ainsi remettre en cause l’utilisation des jeunes comme variable d’ajustement : précarisation, « flexibilité », recours massif à l’intérim avec des conséquences lourdes sur le parcours de vie marqué par une très forte insécurité sociale (problème pour se loger par exemple). Se battre pour l’emploi des jeunes c’est enfin replacer la question de l’autonomie au cœur de nos politiques vis-à-vis de la jeunesse européenne dont une partie, privée d’horizon, fait face à une véritable paupérisation et vient nourrir les nombreux déçus de nos systèmes démocratiques.

Les chefs d’Etat et de gouvernement s’étaient fixés en février 2013 un objectif clair celui de permettre à tous les jeunes de moins de 25 ans de retrouver une formation, un stage professionnalisant ou un apprentissage moins de 4 moins après la fin de leur scolarité ou de leur dernier emploi.

C’est ce dispositif qu’on appelle la garantie jeunesse qui représente aujourd’hui le fer de lance en Europe contre le chômage des jeunes afin d’apporter un soutien financier aux régions où plus d’un quart des jeunes sont sans activité.

Or pour atteindre cet objectif, il nous faut agir tant sur le volet qualitatif que sur le volet quantitatif de cet instrument:

La Commission doit identifier les obstacles à la mobilisation rapide des moyens financiers, en l’état actuel, la garantie jeunesse ne sera pleinement opérationnelle qu’en 2016, c’est trop long pour les 5 millions de jeunes sans emploi que compte l’Europe.

Il est également important que les dispositifs mis en place gagnent en lisibilité auprès des publics concernés, c’est pourquoi la généralisation des guichets uniques doit être une priorité pour que les nouvelles générations européennes soient accompagnées efficacement dans leurs démarches.

Enfin, 6 milliards d’euros ont été mis sur la table, c’est un premier pas, mais c’est insuffisant: l’Organisation Internationale du Travail a chiffré à 21 milliards d’euros le montant nécessaire de la garantie jeunesse pour lutter efficacement contre le chômage des jeunes. Nous sommes encore loin du compte, le Conseil et la Commission européenne doivent assumer leurs responsabilités face au chômage de masse des jeunes européens.

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