« Ne jamais oublier ce qui fonde notre histoire et ce qui doit prévaloir dans notre action : l’égalité entre tous, toujours l’égalité, encore l’égalité » – mon discours d’ouverture à l’université d’Un Monde d’Avance

Université de rentrée d'Un Monde d'Avance à Vieux Boucau - octobre 2014

Université de rentrée d'Un Monde d'Avance à Vieux Boucau - octobre 2014

Université de rentrée d’Un Monde d’Avance à Vieux Boucau – octobre 2014

Discours d’ouverture de Guillaume BALAS – Université de rentrée de Vieux Boucau

« Ne jamais oublier ce qui fonde notre histoire et ce qui doit prévaloir dans notre action : l’égalité entre tous, toujours l’égalité, encore l’égalité. »

Mes chers amis, mes chers camarades,

Avant de commencer, je souhaite tout d’abord remercier Henri Emmanuelli, bien évidemment, Pierre Froustey et Renaud Lagrave pour leur accueil chaleureux. Je souhaite également saluer tous les camarades de la fédération des Landes qui se sont, et qui vont, tout au long de ce week-end, se plier en quatre pour nous accueillir dans les meilleures conditions. Des applaudissements également aux personnes de l’ombre, le Service d’ordre, qui au-delà de leurs compétences, sont également des camarades engagés venus des quatre coins de la France pour veiller sur nous. Enfin, une pensée spéciale à la coordination Un Monde d’Avance mais également à Emir qui se sont attelés depuis maintenant plusieurs semaines à la réussite de cette nouvelle édition de note université de Vieux Boucau.

 ***

Nous voici, comme chaque année, réunis pour débattre, proposer, agir.
Nous voici, comme souvent à VB pour aussi partager, échanger, rire.

Depuis la victoire de F.Hollande, Un Monde d’Avance n’a pas varié.

Fidèle aux engagements du candidat socialiste, fidèle au peuple français, fidèle à cette Gauche de 2012 qui a nous a confié leur espoir d’un changement de politique, qui a su se rassembler pour triompher du sarkozysme, nous avons déterminé tous nos dires, actions, tous nos votes portés par une obligation et une seule : le mandat qui nous a été donné par les français et rien d’autre. Parce que le suffrage universel est la seule loi que nous reconnaissons, pour nous, les paroles de campagne engagent.

D’autres ne se sentent liés par rien, cèdent aux premières difficultés ou pire, veulent matérialiser un projet politique souvent aux antipodes des engagements pris.

Disons-le, un projet qui par bien des aspects ne peut plus être appelé de Gauche.

On leur pardonnerait peut-être les manières, les renoncements, les mots si le chômage baissait significativement, si la justice sociale et fiscale progressait, si l’Europe, concrètement se réorientait.

On serait peut-être même indulgents s’ils tenaient au moins le principal objectif qu’ils se sont donnés : la baisse de la dette. Mais là comme dans tout le reste, la soumission aux dogmes faux, inefficaces, de la pensée dominante n’a eu comme résultat que de décrédibiliser un peu plus la parole de l’Etat, la parole publique, et de nous éloigner de nos objectifs, et par là même, des citoyens.

Alors depuis deux ans, nous avons parlé, proposé, chercher à convaincre, à discuter, éclairer, et surtout, nous avons cherché à rassembler.

Seuls et isolés au début, nous avons peu à peu convaincu et rassemblé autour de nous, autour de nos idées : tout d’abord au sein de la gauche parlementaire où a émergé ce mouvement des « frondeurs » qui s’incarne aujourd’hui au PS dans « Vive la Gauche ». Puis, au sein de la Gauche politique comme on le verra encore demain matin. Enfin, au niveau de la Gauche sociale et sociétale comme cela a été fait samedi dernier à travers l’initiative de notre cher Pouria Amirshahi.

Il nous faut poursuivre ce travail et pour cela, mes amis, sans aucune complaisance pour les renoncements et les faiblesses de ceux qui gouvernent en notre nom, il nous faut, dès aujourd’hui, élargir notre analyse pour mesurer avec plus d’exactitude ce qu’est l’ampleur de notre tâche.

Prenons de la hauteur et analysons ce qui va suivre. L’incapacité de la Gauche au pouvoir à appliquer son projet est autant une cause qu’un symptôme.

En 2100, nous serons 11 milliards d’êtres humains. Cela s’accompagne d’une détérioration sans précédent de l’environnement, de nos ressources, du climat. Parallèlement, l’Occident perd considérablement de sa puissance relative sans qu’autre chose semble s’ordonner. Le désordre géopolitique s’installe, provoquant une certaine forme de panique dans les esprits. Cela, nous le savons, nous l’entendons toute la journée et ces faits nourrissent un pessimisme d’acceptation du déclin.

Partout la régression, l’irrationalité, les fantasmes politiques, religieux, complotistes émergent. Chez nous, le culte des identités, dont le FN est le parfait exemple, l’idée que le retour vers le « passé » est le seul avenir, l’idée que chacun n’est pas défini par ce qu’il fait et décide librement mais par ce qu’il serait par sa naissance… toutes ces idées dépassées gagnent du terrain et constituent un terreau fertile aux extrêmes.

La réalité est qu’une grande partie du Monde, dont l’Europe et la France, connait une immense vague réactionnaire au sens propre du terme.

Cette vague réactionnaire avance car l’on omet trop souvent d’expliquer les formidables opportunités qui se présentent à nous pour le destin humain. Jamais la population mondiale n’a été aussi éduquée, jamais le progrès technologique n’a été aussi.

En réalité, tout montre que l’humanité pourrait prendre son destin en main et enfin entrer dans l’âge adulte si on lui en donnait l’opportunité.

Mais les idées de progrès qui ont dominé bon an mal an les consciences depuis 50 ans sont attaquées comme jamais. Et précisément l’attaque est menée sur un principe fondateur de la République, sur un principe inscrit au sommet de notre Constitution, sur ce qui est le cœur du progressisme, de l’humanisme moderne, de la gauche : l’égalité. Je ne parle pas de l’égalité des chances, des possibles ou je ne sais quoi, non, j’ai bien dit l’égalité anthropologique.

Celle la même qui fait que tout être humain est l’égal d’un autre, celle la même qui fait que le plus démuni, le plus faible, le plus ignorant a exactement la même part de souveraineté que le plus riche, le plus fort, le plus savant d’entre nous.

Or, partout l’égalité est attaquée : par le capitalisme libéral d’abord qui accroît comme jamais les inégalités de richesse, de savoirs, de pouvoirs, de genre, par les fondamentalismes religieux, identitaires qui partout prônent la hiérarchie, leur ordre, la domination de quelques-uns sur tous.

Elle est attaquée par la pensée libérale qui se sert de l’idée de liberté individuelle en l’opposant à l’égalité alors que depuis la Révolution Française, nous savons que l’égalité est la condition même de la liberté. Elle est broyée par l’oligarchie financière qui réserve à quelques possédants la jouissance des moyens de production au détriment de la majorité des peuples.

L’Egalité est attaquée et nous savons pourquoi : toute justification de l’inégalité est en fait la justification par les dominants de leurs propres pouvoirs.

Aujourd’hui, si nous ne redressons pas rapidement la barre, si nous ne reprenons pas rapidement les rênes de la bataille politique, culturelle, philosophique, c’est l’hyperindividualisme, fléau du XXIe siècle, et ses corolaires, la dépression, la remise en cause du multiculturalisme, le communautarisme, l’accroissement des inégalités, bref, la remise en cause de la démocratie et de toute forme de solidarité à vocation universelle qui sortira victorieux.

Chers camarades, le combat politique qui commence est mondial et il opposera des forces immenses.

Le temps des tempêtes vient.

Et dans ce combat, nous devons nous donner les moyens d’être meilleurs, d’être plus rassembleurs, d’être victorieux.

Dans notre vieux pays, matrice de l’égalité, il nous faut nous atteler à reconstruire la Gauche dès maintenant. Notre premier devoir est de convaincre que la gauche vit, qu’il ne faut pas déserter le combat politique, qu’il faut même se donner les moyens d’être vite plus nombreux. Dans notre vieux continent, créateur de la liberté réelle, il nous faudra savoir créer des convergences, et nombre de partis et mouvements sont disponibles.

Mais attention à nous-mêmes : contre les usurpations de mots, les gauches de droite, les tièdes, les mous, il ne sert rien de se radicaliser. Inutiles de sombrer nous-mêmes dans l’irrationalité que nous combattons. Soyons ouverts, accueillants, sans borne d’imagination pour créer les formes nouvelles dont la Gauche a besoin, sans tabous, dans aucun sens dans le domaine stratégique et tactiques mais soyons fermes sur nos principes. Ces principes, il est sans doute utile dans ce moment de confusion de les formuler clairement.

Alors oui disons-le, nous sommes écologistes car la survie même de l’Humanité est en jeu et nous voulons mettre au service de tous et pas d’une petite oligarchie les ressources de la planète.

Alors oui, nous sommes démocrates car nous voulons la souveraineté populaire à tous les niveaux de décision politique car nous savons que sans démocratie formelle, il n’y a jamais d’égalité réelle.

Et surtout, nous sommes socialistes, au vrai sens du terme, car nous savons que sans justice sociale, la démocratie est un mot vide, un mensonge qui fonde la colère.

Voilà ce que nous sommes, voilà surtout ce que nous voulons, voilà ce pour quoi nous nous battons. Voilà nos fins.

Pour nous, pour Un Monde d’Avance, devant la crise du pays, devant les inquiétudes des citoyens, devant le renoncement de certains, nous ne souhaitons même pas nous survivre à nous-mêmes. Nous devons être en capacité de nous dépasser, de nous fondre dans plus grand.

Nous voulons être, au sein du PS, au sein de la Gauche, les inlassables artisans et défenseurs de l’unité de toutes celles et ceux, dans toute leur diversité et leur parcours, qui veulent réorienter le cours des choses,

Qui sont convaincus que pour cela, l’unité de la gauche est une condition nécessaire,

Qui sont convaincus enfin, qu’à chaque moment de notre combat pour changer la vie des gens,

il ne faut jamais courber l’échine devant la doxa libérale,

il ne faut jamais se laisser dicter nos propres mots par la technocratie bien pensante,

il ne faut jamais oublier ce qui fonde notre histoire et ce qui doit prévaloir dans notre action : l’égalité entre tous, toujours l’égalité, encore l’égalité.

Alors, chers camarades, à circonstances exceptionnelles, réponses exceptionnelles ! Donnons nous les moyens de faire l’unité, de montrer qu’il existe une alternative. Dès aujourd’hui, portons notre projet pour une autre politique, dès demain, diffusons-le, convainquons, rassemblons !

Chers camarades, cela commence aujourd’hui, à Vieux Boucau et cela commence avec vous !

Bon week-end de travail à toutes et à tous.

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