Guillaume Balas (PS) « On ne peut pas voter pour Juncker uniquement parce qu’il a moins perdu que les autres »

Crédits photo : European Council

Article issu du blog du Monde « La bataille de Bruxelles » : http://unioneuropeenne.blog.lemonde.fr/2014/07/02/jean-claude-juncker-embarrasse-les-socialistes-francais-a-strasbourg/

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Les élus socialistes français au Parlement européen ont du mal à digérer Jean-Claude Juncker. Après la déroute du PS aux élections européennes, ils ne sont plus que treize à siéger à Strasbourg et à Bruxelles. Pour éviter d’être treize à table sans doute, lors d’un déjeuner de presse, mardi 1er juillet, l’eurodéputé Vincent Peillon était absent. Il s’est aussitôt attiré chez les journalistes le surnom de Nouvel Harlem, en référence au peu d’assiduité dans l’hémicycle de l’actuel secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Harlem Désir, lors de son précédent mandat Bruxellois. Il n’était donc que douze apôtres socialistes pour expliquer combien ils se sentaient peu enclins à communier avec le candidat de la droite, Jean-Claude Juncker.

La culture du compromis, chère aux sociaux-démocrates allemands, n’est pas vraiment dans les gênes des socialistes français au Parlement européen. L’échange entre un vote du PPE pour l’élection de Martin Schulz au Parlement européen contre l’adhésion du PSE à Jean-Claude Juncker ne va pas de soi. L’ancien syndicaliste Edouard Martin a été le plus clair : « Je voterai Juncker si, en quinze jours, il passe à gauche. » La responsable de la délégation, Pervenche Bérès, insiste sur les concessions que doit faire M. Juncker aux partis dont il veut le soutien, notamment en matière de croissance et d’emploi. « Nous sommes dans une équation difficile. Nous dénonçons la politique menée par la droite. Mais si nous refusons cette candidature nous ne pesons pas sur la réorientation de la politique que doit mener M. Juncker », souligne Mme Bérès.

Les socialistes étaient à l’origine de la désignation d’un spitzenkandidat qui serait à la fois chef de file des listes européennes et candidat à la présidence de la Commission. Mais Martin Schulz a été battu par Jean-Claude Juncker. « On peut dire que la nomination du chef de file de la liste arrivée en tête des élections est une victoire démocratique pour le Parlement, mais pour l’électeur français, ça ne veut rien dire », explique l’eurodéputé PS Guillaume Balas. « Je reçois des messages de socialistes modérés qui me disent : si tu votes Juncker, c’est fini. On ne peut pas voter pour Juncker uniquement parce qu’il a moins perdu que les autres ! », poursuit M. Balas, en référence à la cinquantaine de sièges perdus par le PPE par rapport à 2009. L’image de l’ancien premier ministre du Luxembourg et de son paradis bancaire n’est pas très haute dans une partie de la gauche française.

La gauche de la gauche socialiste s’en remet au président du conseil italien Matteo Renzi, qui prend la tête de l’UE pendant six mois. Il a promis de « renverser la table au niveau européen », se réjouit Emmanuel Maurel. Mais pour Matteo Renzi, il ne semble pas incompatible de renverser la table, tout en votant Juncker.

Alain Salles

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