« Celui qui contrôle l’énergie définit le modèle de société » – retour sur ma participation au débat Europanova

eolienne

J’ai pris part, mardi 13 mai, au débat organisé par Europanova sur le thème de la place réservée à l’énergie et au climat dans la campagne des européennes.
Face à Philippe Juvin (UMP), Pierre Serne (EELV) et Corinne Lepage (Europe Citoyenne), j’ai abordé les sujets qui me semblent essentiels à la réussite de la transition écologique à l’échelle européenne.

J’ai d’abord rappelé que la question énergétique n’est pas uniquement une question technique mais aussi et surtout hautement politique. Le lien avec le développement économique doit être constamment mis en avant, en effet celui qui contrôle l’énergie définit le modèle de société que nous construisons. Ainsi, la transition énergétique est créatrice de richesses et d’emplois. Je m’étonne d’ailleurs que les représentants des autres partis n’évoquent pas ces opportunités et se limitent à considérer la transition énergétique comme une problématique strictement écologique et à long terme.

Enfin, j’ai largement insisté sur le fait que la transition écologique ne se ferait pas sans moyen. Les investissements publics sont plus que nécessaires, ils sont la condition de la relance européenne que nous souhaitons substituer à la politique austéritaire érigée au rang de dogme par la droite. Je m’engage si je suis élu à ce que le Parlement européen se mobilise sur ce sujet. L’exemplarité de l’Union européenne en la matière est à ce prix.

Ci-dessous vous trouverez l’article d’Euractiv, partenaire de l’événement :

http://www.euractiv.fr/sections/energie/le-mix-energetique-commun-en-europe-ne-fait-pas-consensus-302118

Le mix énergétique commun en Europe ne fait pas consensus

À moins de deux semaines du scrutin européen, les candidats s’accordent largement sur la nécessité d’une politique européenne énergétique plus ambitieuse. Mais la question d’un mix énergétique commun aux Vingt-huit fait encore débat.

À l’occasion d’un débat sur l’énergie et le climat organisé par EuropaNova en collaboration avec EurActiv, quatre candidats aux élections européennes ont exposé leur vision de la politique énergétique de l’UE. Philippe Juvin (PPE), Corinne Lepage (Europe Citoyenne), Pierre Serne (EELV), et Guillaume Balas (S&D), ont tous défendu la nécessité d’une politique énergétique européenne.

Fédérer la politique énergétique

Selon un récent sondage de l’Ifop réalisé pour WWF, 23 % des Français interrogés considèrent la transition énergétique comme une thématique majeure de la campagne. Pour 55 % des sondés, il s’agit d’une thématique importante à l’échelle européenne. Les candidats aux élections du 25 mai prochain, en ont pris bonne note.

En effet, pour les quatre candidats présents lors du débat, il faut accélérer la transition énergétique. Selon Guillaume Balas, le candidat S&D, il faut dépasser le cadre national trop limité.

« L’UE doit fédéraliser sa politique européenne de l’énergie », assure Guillaume Balas lors du débat.

Pierre Serne, cinquième de la liste Ile-de-France partage la même position. Selon lui, tant que les États feront la loi et défendront leur mix énergétique, il sera impossible pour la politique énergétique européenne de prendre de l’ampleur. Il s’agit pour EELV d’un des enjeux majeurs de cette élection européenne.

« Aujourd’hui, il n’existe pas de politique européenne de l’énergie. Nous voulons que ce soit la première priorité de l’UE pour la prochaine législature. Nous sommes pour une Europe zéro carbone à l’horizon 2050 »

Le candidat du PPE, Philippe Juvin est plus prudent, et propose de se concentrer sur la réduction des émissions de C02, plutôt que de définir de nouveaux objectifs pour 2030.

« L’objectif des trois fois vingt à l’horizon 2020 est une erreur, il faut d’abord se concentrer sur la réduction des émissions de C02 pour 2020. Et pour ce faire, il faut laisser les États agir comme ils l’entendent, tout en définissant un cadre plus contraignant » déclare-t-il.

Nucléaire et gaz de schiste

Si Corinne Lepage, Pierre Serne et Guillaume Balas s’accordent sur le rejet du gaz de schiste et sur caractère transitoire de l’énergie nucléaire et appelle à la délaisser, Philippe Juvin émet quant à lui des réserves.

« Le nucléaire nous a apporté une indépendance énergétique, et vouloir réduire le recourt à l’énergie nucléaire de manière si rapide pose problème en tant que tel. De plus, le mix énergétique ne peut pas être européen, il faut un mix énergétique par État. Concernant le gaz de schiste, il ne faut pas s’interdire la recherche avant de prendre une position tranchée », explique le candidat UMP.

Ce à quoi l’eurodéputée d’Europe Citoyenne s’oppose fermement, considérant que le nucléaire n’est pas une énergie d’avenir. Elle est par ailleurs en désaccord avec le candidat UMP sur la question du mix énergétique européen.

« Chacun ne peut pas faire son mix énergétique, car cela à des conséquences sur l’organisation territoriale et sur la décentralisation énergétique. Tant qu’il y aura le nucléaire, la décentralisation énergétique sera impossible. C’est actuellement le cas. En menant une politique en ciseaux, le couple franco-allemand rend impossible l’Europe de l’énergie, alors qu’il devrait en être le moteur » explique-t-elle.

Corinne Lepage, eurodéputée sortante, est d’ailleurs la meilleure élève au Parlement européen, en termes de défense de l’environnement, et de promotion des énergies vertes, selon une analyse de WWF (World Wilde Fund for nature). L’ONG a évalué les votes des eurodéputés lors de la dernière législature 2009-2014 sur cinq textes : Energie-Climat, réforme de la Politique Commune de la Pêche, réforme du fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, la pêche profonde et la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC).

Pour évaluer les votes des eurodéputés, l’ONG a attribué un point aux eurodéputés votant en adéquation avec ses recommandations. À l’inverse, les députés qui s’abstenaient, ou votaient contre les recommandations de l’ONG n’obtenaient aucun point. Les absences des députés n’ont pas eu d’impact sur le calcul global de leurs notes puisque les amendements sur lesquels ils n’avaient pas pu voter, n’étaient pas comptabilisés.

Pour la candidate d’Europe citoyenne, c’est un sans-faute avec 100 % des votes en adéquation avec les recommandations de l’ONG. EELV et le Modem totalisent respectivement 80 %, et 70 % des votes en adéquation avec les préconisations de l’ONG.  À l’inverse, l’UMP et le FN font figure de mauvais élèves, en matière de défense de l’environnement. Le parti d’extrême droite ne vote qu’à 2 % en adéquation avec les recommandations de l’ONG, et l’UMP ne vote qu’à 9 %.

Le PS et l’UDI (Union des Démocrates et Indépendants) peuvent mieux faire selon WWF. Le parti socialiste vote à 48 % dans le sens des recommandations de l’ONG, et l’UDI à 32 % seulement.

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