Balas (PS) : «Les contreparties sont la condition d’existence de ce pacte»

Retrouvez mon interview au journal Libération suite aux annonces faites sur le Pacte de Responsabilité lors de la conférence de presse de François Hollande le 14 janvier dernier.  L’article est également disponible sur ce lien : http://www.liberation.fr/politiques/2014/01/14/balas-ps-les-contreparties-sont-la-condition-d-existence-de-ce-pacte_972806

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Balas (PS) : «Les contreparties sont la condition d’existence de ce pacte»

Interview réalisée par Lilian Alemagna

Proche du ministre Benoît Hamon, Guillaume Balas, le responsable du courant socialiste «Un monde d’avance» (une vingtaine de députés) reste très circonspect sur le «pacte de responsabilité» détaillé mardi par Hollande

Etes-vous prêt à soutenir ce «pacte de responsabilité» détaillé aujourd’hui par François Hollande?

Malheureusement, le chef de l’Etat ne compte pas remettre en cause le principe des traités européens qui font de l’austérité et de la baisse de la dépense publique en Europe l’alpha et l’oméga des politiques sur le continent. Or l’investissement public peut permettre à l’investissement privé de se développer comme on le constate dans d’autres pays. François Hollande nous propose donc un calibrage économique centré sur l’offre. Dont acte. Il est le Président élu par les Français. Après, même si nous ne sommes pas d’accord, que fait-on? On reste dans notre coin à râler? Non. Notre courant sera un acteur du débat. Utile, notamment sur les contreparties.

Qu’attendez-vous?

Nous voulons que le Parlement puisse, dès le début, jouer tout son rôle sur le texte de loi. Qu’on ne nous refasse pas le coup de l’accord national interprofessionnel (ANI)! On ne peut pas dire aux parlementaires qu’ils n’ont le droit de toucher au texte qu’à la marge… Ensuite, nous serons attentifs aux demandes en termes de nombre d’emplois, de qualité – nous voulons un maximum de CDI – aux gestes qui seront faits en termes de rémunération. Nous sommes rassurés sur une première chose: les négociations se feront par branches et non par entreprises. Enfin, nous serons fermes sur les investissements: pour bénéficier de ces baisses de cotisations, il faut qu’ils soient liés à de la création d’emplois en France et que la transition écologique – dont le Président a peu parlé – soit une priorité. Tout cela doit être connu avant la signature du pacte. Nous serons extrêmement vigilants.

Le Président n’a-t-il pas été caricatural lorsqu’il a défini une autre politique de gauche possible comme celle des «déficits»?

Il ne faudrait pas laisser s’installer un faux débat à gauche entre ceux qui voudraient laisser creuser les déficits et les bons gestionnaires vertueux… Parfois, il est bon de relire Keynes: les dépenses publiques doivent être des dépenses dynamiques. Et aujourd’hui, il faut que cela se fasse au niveau européen. Par exemple, le gouvernement de la zone euro doit être un instrument pour investir et pas seulement pour contrôler les déficits.

Que demandez-vous au gouvernement pour la suite?

Qu’il ait un discours très exigeant vis-à-vis du patronat en lui faisant bien comprendre que les contreparties sont la condition d’existence de ce pacte. J’attends aussi qu’il lève une contradiction: on ne peut pas dire que l’on va baisser la dépense publique et ne pas dire où l’on compte faire des économies. Qu’est-ce qu’une«dépense inutile»«Faire mieux», qu’est-ce que ça veut dire? Nous attendons des réponses.

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